J’ai lu je lis : Premier succès médical

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 Premier succès médical.
                                                                «  Une année d’études simples, sans contraintes, passionnantes. Quelle fascination de découvrir le réel, d’apprendre son fonctionnement !   La physique était une formalité, cette facilité me donnait du temps pour m’intéresser à une jeune bretonne, froide, calme, à l’opposé de mes coutumes plutôt chantantes et bouillonnantes. Réviser les cours fut un prétexte pour travailler ensemble. D’abord au café, ensuite chez elle.  Elle se destinait à des études plus courtes de dentiste, mais elle souffrait d’un asthme sévère qui la cantonnait souvent au lit malgré des cures thermales à La Bourboule.
Intelligente sans pouvoir travailler longtemps, elle était assidue.
  Mignonne, une poitrine généreuse la rendait attirante. Sa réticence disparut au moment où elle découvrit que se faire embrasser et caresser les seins stoppaient ses essoufflements angoissants.
Ces choses- là arrivent bêtement. Absente depuis plusieurs jours pour une crise d’asthme, j’étais allé lui porter les cours qu’elle avait manqués. Coincée dans son lit, la respiration sifflante, elle bénéficiait des limites de la thérapeutique de l’époque, la théophylline et les cigarettes Escouflair.  Invalidée et malheureuse, pour la réconforter je l’avais prise dans mes bras, je l’avais embrassée, sur les joues , sur la bouche.  Pourquoi donc mes mains s’étaient-elles glissées sous la chemise de nuit pour toucher ses seins nus?  Rien de plus. quelques secondes d’aperçu de sensualité qui avaient suffi à aiguiller ma destinée, à nous emporter dans un voyage tendre soumis aux brutalités des vertiges de l’époque.
   Le soir elle était guérie et le lendemain matin elle m’attendait toute rayonnante à la Faculté.  Transformée, libérée, elle n’en revenait pas et moi non plus.    
Bien sûr nous avions renouvelé ma thérapeutique…
    Et elle n’eut plus jamais de crise d’asthme…
              Tout fier d’avoir guéri de mes mains une première malade, n’y rien comprendre ne me gênait pas, ma présence en était valorisée et pour elle le service était immense. On n’allait plus se quitter. » 
 Placebo.
                          Pour les syndromes de douleurs chroniques, des neurologues essayaient un produit miracle, Un seul comprimé par jour tellement ce médicament était redoutable.     En fait, c’était une grosse pilule d’amidon colorée par du safran. Nous ne savions pas que l’effet placebo fait secréter au cerveau des endorphines capables d’abréger la fatigue, d’atténuer les douleurs, tout comme la pose de la main du soignant sur le malade.
 
Extraits de: Les secrets du médecin (Editions L’Harmattan) de François Naudy, médecin interne des hôpitaux de Paris  (et plus sur internet)
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