Grottes de Gargas, Valcabrère et St.Bertrand de Comminges

Classé dans : Sorties | 0

Sortie dans les Pyrénées : Les grottes de Gargas et le Comminges

Comme beaucoup de grottes celles de Gargas se trouvent dans des collines calcaires qui dominent une vallée, lieu de passage des hommes  nomades au paléolithique  supérieur .Les grottes de Gargas se situent dans le chaînon calcaire nord pyrénéen  au-dessus de la vallée de la Neste, dans la commune d’Aventignan.

Deux grottes s’ouvrent sur le flanc de la colline : grotte inférieure, large  avec une voûte basse et quasi horizontale, grotte supérieure, étroite, aux parois couvertes de calcite blanche. Elles ont été classées Monument historique en 1910.Elles ont été fréquentées par des tribus d’Hommes de Cro-Magnon, les chasseurs collecteurs à l’époque de la préhistoire que l’on nomme « le gravettien » 29000 ans , avant notre ère.

Des fouilles menées en 1911 par Breuil et Émile Cartailhac ont livré des vestiges de leur mode de vie. Cartailhac a écrit aussi sur la Caverne d’Altamira à Santillana près de Santander et fait connaître l’art pariétal.

Ces ancêtres préhistoriques ont laissé  des représentations sur les parois de ces grottes : gravures, peintures animales, signes géométriques, symboles sexuels et surtout des mains négatives d’hommes, femmes, enfants. Des pigments noirs, rouges, ocres ou blancs étaient soufflés ou tamponnés, autour des mains appliquées  contre la paroi .Beaucoup de ces mains sont incomplètes, elles semblent amputées : il manque une ou deux phalanges, ce qui a suscité bien des débats : mutilations ?symboles rituels chamaniques ?pathologies ? langage des signes ? doigts repliés ? cette pratique étrange reste une énigme encore aujourd’hui, le mystère demeure.

Ce sont les seules grottes ornées  des Hautes-Pyrénées ouvertes au public.

Pour compléter notre visite Le centre d’interprétation numérique NESTPLORIA est ouvert  juste à côté de l’excellent restaurant Le Paléo

MN

Après-midi :Visite de Saint-Just de Valcabrère et cathédrale de  Saint-Bertrand de Comminges avec la même guide des Olivétains.
Saint-Just, basilique romane construite sur un plan basilical du XII ème au XIII ème est classée monument historique,  inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. On y accède par un charmant cimetière  qui rappelle la toscane et une belle porte sculptée.
Détail important :  on remarque le réemploi de matériaux gallo-romains pour la construction, certains piliers ou le bénitier.
Le tympan de la porte d’entrée représente un Christ tenant la bible et les 4 évangélistes portant chacun leur attribut : St Jean portant un aigle, St Marc  la tête de lion, St Mathieu  le livre et St Luc  la tête d’un taureau. De chaque côté de la porte 4 statues. Saint Just et St Pasteur, St Étienne et Sainte Hélène.
Le clocher carré serait du XIV ème. Au sud, vestige d’un cloître  temoin d’une vie communautaire.
Saint-Bertrand de Comminges entouré de remparts s’inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Dans l’antiquité son nom était Lugdunum Convenae.
Les premières mentions d’un évêque datent du V ème siècle.  Au XII ème Bertrand de l’Isle Jourdain érige une nouvelle cathédrale sur les ruines d’un premier monument. Bertrand de Goth, futur pape Clément V décide d’agrandir et d’embellir l’édifice.  La tour clocher est construite après sa mort avec quelques réemplois romains.
Avant de pénétrer dans la cathédrale  on peut admirer son portail linteau et ses douze apôtres,  le tympan avec une adoration des mages. La vierge présente un enfant couronné et barbu. A ses côtés se trouve une statue de Saint-Bertrand.
Au XVI ème  l’évêque Jean de Mauléon commande les boiseries de l’intérieur de l’église à des sculpteurs toulousains. Les stalles sont sur le modèle de la cathédrale d’Auch. Les travaux ont duré 10 ans.
Sur un pilier de l’église un crocodile empaillé nous intrigue. C’est sans doute un ex-voto rapporté de terre sainte par un pèlerin.  Plusieurs légendes circulent à son sujet.

La construction de l’orgue dû à Jean de Mauléon a suivi celle des stalles. Il repose sur 5 colonnes corinthiennes. Un escalier tournant conduit à une fausse tribune ornée de 13 niches surmontées d’une coquille. Pour des problèmes d’espace l’ensemble est disposé en angle ce qui en fait une œuvre unique. Il fonctionne tous les dimanches pour la messe et pour des concerts.

Les vitraux actuels datent du début des années 1930 et sont ornés des blasons des évêques du Comminges.  Les 3 verrières de l’abside conservent des restes des vitraux du XVI ème commandés par Jean de Mauléon.

Le cloître lieu de prière et de réunion présente 3 galeries romanes. La galerie du nord de style gothique contient des tombes de chanoines. Les larges ouvertures par lesquelles on peut admirer le paysage sont plus récentes.

L’architecture abrite sous un toit unique trois églises d’époques, de constructions et de styles différents :

– une église romane du xiie siècle, fondée par saint Bertrand, dont certaines parties ont été conservées.

– une église gothique du xive siècle, conçue, voulue et financée par le pape Clément V.

– une « église de bois » constituée par les boiseries Renaissance du chœur, insérée dans l’église de pierre sous l’impulsion de l’évêque Jean de Mauléon.

Un bel ensemble qui domine la vallée de La Garonne sur les chemins de Compostelle.

JB

 

Photos de Janine Baudet et Nicole Tournier

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.