Histoire des eaux-de-vie dans le Gers

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Compte-rendu de LA CONFERENCE SUR « L’ ARMAGNAC »  par Jacques Lapart

mardi 4 décembre 2019,  aprés-midi à 14h30

Le B.N.I.A.( bureau national interprofessionnel de l’Armagnac), créé en 1941 et siégeant à Eauze, s’occupe de sa promotion et a souhaité , en 2008, consacrer une journée à ce nectar merveilleux . Pour cela, il a  contacté des chercheurs pour organiser cette journée.  Mais, s’il y avait beaucoup de documents pour l’époque actuelle, il y en avait  peu pour les origines. Cette difficulté a séduit notre brillant conférencier et a motivé ses recherches. Les archives des notaires abondantes et de qualité ( ils étaient les seuls hommes de loi à l’époque), lui ont été d’un grand secours de même que l’informatique pour exploiter ces documents. La réunion a eu lieu en 2010 à Castex  d’Armagnac, mais ses recherches continuent et il nous fait part de ses travaux.

Dés l’antiquité, les Romains ont cultivé la vigne dans notre région ;  mais le premier texte  en latin  sur « l’aqua ardente » connu en Gascogne est celui  de Vital du Four, en 1310. Ce texte publié à Rome par un Gascon,  indiquait  toutes les propriétés de cet élixcir miraculeux capable de guérir une foule de maux, obtenu en petite quantité par les moines et les apothicaires qui distillaient du vin dans un petit appareil qu’ils appelaient «  alambic ». Le texte originel est au Vatican en Italie, le fac-similé à Eauze. Moines et apothicaires s’occupaient de ce précieux liquide, mais cependant la  vente « d’aygue ardente »,est attestée aussi, plus tard, en1461, sur le marché de ST Sever. Un impôt devait être payé par les vendeurs mais la quantité apportée restait toujours très faible et cet alcool était encore surtout un médicament.

Les plantations de vignes par des moines venus de Bourgogne et la découverte de « chaudières«  permettant d’obtenir une plus grande quantité de produit, ont permis l’essor de l’Armagnac.  En 1631, 235 chaudières pas encore appelées alambics,  sont arrivées des Pays-Bas et une grande quantité de vin blanc produit sur place a pu être distillée. Après son transport en charrettes puis  en gabarres sur le Midour et  l’Adour jusqu’à Bayonne, un commerce important s’est créé avec les régions du Nord et les Etats- Unis. Bordeaux, craignant la concurrence pour ses vins, ne voulait pas les recevoir d’où le choix de Bayonne pour l’expédition. D’ailleurs, les Hollandais faisaient déjà des échanges importants de vins avec cette région. Il y avait beaucoup de pertes lors du transport et la «  part des Anges » devenait très importante ( évaporation, tonneaux qui perdaient, boisson par les transporteurs, charrettes qui se renversaient, etc….).

La demande devenait de plus en plus importante et les vins blancs secs utilisés, pas suffisants.  Les armagnacs n’étaient pas toujours de qualité car on distillait même des vins blancs médiocres pour obtenir la quantité demandée. Les fûts de chênes sessiles ou pédonculés  les faisaient mal vieillir et la qualité n’ était pas très bonne. La période la plus faste pour l’Armagnac se situe aux XVIII° et début du XIX°siècle . On plante beaucoup de vignes, et de grands domaines se créent alors.

Mais les échanges avec d’autres régions et pays ont amené des parasites( champignons, insectes) et la crise du phylloxera fait disparaître beaucoup de vignes. Il y a aussi mévente due au blocus et au non- achat  par les Anglais . Certains  distillateurs doivent  vendre  leur propriété.  L’école primaire de Manciet s’est installée dans un ancien domaine.

Aujourd’hui, on replante en recherchant la qualité. Trois grandes régions ont été  délimitées : le Bas Armagnac, le Haut Armagnac et la Ténarèze. Leurs sols sont différents et la qualité de  la liqueur  que l’on obtient par distillation de leurs cépages, particulière.  Adaptons- la à notre activité, à nos goûts, à nos plats et comme le disait un abbé en 1954 :

« Si nous voulons aller au paradis, ( il n’a pas précisé lequel, celui du ciel ou celui de la cave où sont conservées précieusement les meilleures bouteilles ),  buvons de l’Armagnac, modérément bien sûr,  

Alors, c’est  certain nous serons  exaucés l

Pourquoi ne pas essayer !!!!!!!!!!

Madame Meneghin

 

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